Ice floes in the port of Hamburg

Quand on parle de réchauffement climatique, et au permafrost, on évoque en général des phénomènes invisibles à l’œil nu ! Hausse des températures, gaz à effet de serre, systèmes atmosphériques perturbés. Même la montée des eaux semble irréelle quand on se pose, contemplatif, face à la mer.

Ce qui est en haut est en bas

Cependant, ce qui se passe en l’air finit par se voir à terre, et il est des régions du monde où le sol désormais se dérobe, comme dans les hautes latitudes, au-delà du 60ème degré nord. Dans ces vastes régions froides, le sol est normalement gelé de façon permanente. Mais avec le changement climatique, cette couche profonde, appelée permagel, pergélisol, ou permafrost en anglais, tend à se ramollir à mesure qu’elle se réchauffe.

Mais ce qui est en bas remonte

D’où ces images d’immeubles en partie effondrés, comme si un géant avait tiré le tapis sous leurs fondations. Spectaculaire certes, mais il y a pire, quoique moins visible.

La décongélation générale met en effet à nu des matières organiques dont la décomposition par l’action des microbes produit du CO2 et du méthane. On évoque une possible émission d’1,5 milliard de tonnes de gaz à effet de serre par an. De quoi accélérer la hausse des températures, qui à son tour contribuera au dégel du permafrost, et ainsi de suite. On appelle cela une boucle rétroactive positive, version scientifique du cercle vicieux.

L’Armée des 12 singes

Mais ce n’est pas encore le pire. Le permafrost serait aussi une gigantesque réserve de mercure. Un stock estimé à 1,5 million de tonnes, soit les deux tiers de ce que contiendrait la planète ; une bombe sanitaire, vu sa toxicité.

Mais ce n’est toujours pas le pire.

Le permafrost aurait aussi conservé de vieux virus ou bactéries inconnus de notre médecine actuelle, laquelle pourrait se révéler impuissante face à l’un d’entre eux. On imagine un scénario catastrophe, l’extermination de milliards d’humains, comme dans le film l’Armée des 12 singes.

Sanctuariser les futurs anciens permafrosts

Cependant la pire menace pour l’humanité, c’est peut-être l’humanité elle-même et son appétit insatiable. Ces zones nordiques sont en effet riches en minerais, gaz, pétrole, que le dégel progressif rend plus faciles à exploiter.

Or il est peut-être urgent d’attendre, et de faire de ces zones d’abord un grand sanctuaire. Un grand espace protégé. Le tout dans l’intérêt de la recherche et de l’humanité, pour bien comprendre ce qui se joue dans le permafrost et nous menace potentiellement.

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